Chaque année, la Semaine mondiale de la sécurité routière des Nations Unies jette un éclairage nécessaire et urgent sur l'un des problèmes de santé les plus négligés au monde, à savoir les traumatismes et les décès dus à la circulation routière. Cette année, du 12 au 18 mai 2025, le monde s'unit autour du thème #M MakeWalking&CyclingSafe, un appel à l'action qui exhorte les pays et les communautés à donner la priorité à la sécurité des piétons et des cyclistes. Ces usagers de la route, souvent les plus vulnérables, sont affectés de manière disproportionnée par des espaces urbains mal conçus, une application insuffisante du code de la route et des infrastructures de santé publique limitées. Ce thème nous pousse à réimaginer la mobilité non seulement sous l'angle des infrastructures, mais aussi sous l'angle des systèmes de santé et de l'équité.
Au Kenya, les accidents de la route continuent de prélever un lourd tribut, non seulement en termes de vies perdues, mais aussi en raison de la pression exercée sur des systèmes de santé déjà surchargés. Les services de traumatologie débordent, les services d'urgence sont surchargés et les familles subissent des conséquences émotionnelles et économiques dévastatrices. Et pourtant, la sécurité routière reste souvent à l'écart du discours sur la santé publique. La nécessité d'intégrer la sécurité routière dans la planification de la santé et la réflexion sur les systèmes est à la fois urgente et attendue depuis longtemps.
C'est pour répondre à ce besoin que l'Institute of Healthcare Management de la Strathmore Business School (SBS), en partenariat avec la National Transport and Safety Authority (NTSA) et l'université de Nairobi, financé par la Banque mondiale dans le cadre de l'initiative Bloomberg pour la sécurité routière mondiale, a lancé un projet de recherche essentiel visant à renforcer l'approche du Kenya en matière de sécurité des usagers de la route. Le projet se concentre spécifiquement sur l'utilisation des ceintures de sécurité et la sensibilisation aux systèmes de retenue pour enfants (CRS) - des éléments essentiels pour une utilisation sûre de la route qui restent sous-utilisés dans une grande partie du pays.
Pour soutenir cette mission, une équipe compétente de chercheurs a été déployée le long du corridor nord, l'une des routes commerciales les plus fréquentées et les plus importantes d'Afrique de l'Est. Ce corridor constitue un point focal important pour l'étude, non seulement en raison du volume élevé du trafic automobile, mais aussi parce qu'il reflète la diversité des usagers de la route au Kenya, des conducteurs de longue distance aux opérateurs de transport informel, en passant par les piétons et les cyclistes. La recherche vise à produire des preuves qui peuvent éclairer les politiques aux niveaux local et national, en comblant le fossé entre la connaissance et l'action.
Ce projet de collaboration souligne l'importance cruciale des partenariats multisectoriels dans la lutte contre la sécurité routière. En réunissant les connaissances universitaires, l'expertise réglementaire et la coordination du secteur public, l'initiative ne fait pas seulement progresser la recherche, elle jette également les bases d'un changement politique transformateur. Elle illustre la manière dont les institutions de santé publique, lorsqu'elles s'alignent sur les autorités de transport et les organismes de recherche, peuvent jouer un rôle essentiel dans la création d'environnements plus sûrs pour tous.
Alors que le monde entier célèbre la Semaine mondiale de la sécurité routière 2025, ce partenariat met en évidence une voie claire pour le Kenya. L'appel à la sécurité routière résonne profondément avec les réalités locales, où les conducteurs, les passagers et les piétons affrontent les risques quotidiens avec peu de protection ou de reconnaissance. Des routes sûres ne sont pas un luxe - c'est une nécessité de santé publique, et veiller à ce que chaque personne puisse se déplacer en toute sécurité, que ce soit à pied, à vélo ou dans un véhicule, doit devenir une priorité nationale.
Dépassons le stade de la prise de conscience et réengageons-nous à agir. Recadrons la sécurité routière non pas comme une question de transport, mais comme un impératif de santé publique. Et reconnaissons le travail d'institutions telles que l'Institute of Healthcare Management, la NTSA et l'Université de Nairobi comme des étapes essentielles vers la construction d'un Kenya plus sain, plus sûr et plus juste - un Kenya où chaque voyage commence et se termine en toute sécurité.
Article par : Judith Adhiambo Amolo
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